Né le 3 février 1942 à Fadiouth, Robert Diouf a très tôt embrassé le destin des géants. À seulement 15 ans, il monta dans l’arène, animé d’une foi inébranlable, d’un courage sans limite et d’une technique qui allait révolutionner la lutte. Parti de son village natal pour Dakar, il a dû s’imposer dans un milieu où sa stature physique, jugée « moins impressionnante », ne lui donnait pas d’avance. Mais ce qu’il n’avait pas en gabarit, il l’a compensé par une intelligence de combat, une endurance hors du commun et une rage de vaincre sans égale.
C’est ainsi qu’il devint rapidement le cauchemar des plus grands lutteurs de son époque, dont le redoutable Mamadou Sakho dit Double Less. Leurs affrontements resteront à jamais dans la mémoire du peuple sénégalais : combats épiques où la bravoure, la ruse et la technicité atteignaient leur apogée. Robert Diouf, par ses victoires et son audace, a inscrit son nom au panthéon des immortels de l’arène.
Mais au-delà du champion, Robert Diouf fut un pionnier et un passeur de savoirs. Avec 137 combats disputés, dont 118 victoires, il porta haut les couleurs du Sénégal sur la scène internationale, devenant champion d’Afrique et représentant son pays aux Jeux Olympiques. Après sa carrière, il se consacra à l’encadrement, formant des générations de jeunes dans les arts martiaux, la self-défense et la lutte.
C’est là que se révèle une autre facette de son héritage : il fut l’un de ceux qui ont fortement inspiré et guidé Yakhya Diop Yékini, autre géant sérère de l’arène, devenu plus tard roi incontesté de la lutte sénégalaise. Entre Robert et Yékini, c’est toute une lignée de transmission, une chaîne de valeurs faite de discipline, de persévérance et de grandeur d’âme. En Yékini, on retrouve l’empreinte de Robert : une lutte intelligente, respectueuse de l’adversaire mais impitoyable dans l’effort.
Aujourd’hui, en rendant hommage à Robert Diouf, nous célébrons non seulement un lutteur hors norme, mais aussi un bâtisseur, un éducateur, un modèle. À travers lui, la lutte n’était pas qu’un spectacle de force, elle devenait une école de vie, un espace de dignité et un vecteur de fierté nationale.
Son départ nous attriste, mais son héritage continuera de nourrir les générations futures. Il a ouvert la voie, il a tracé le sillon, il a inspiré des champions et des hommes.
Mes condoléances au CNG et au monde de la lutte, à ses enfants Mamady Ndiaye, Abdoulaye Ndiaye, à Yakhya Diop Yekini et à toute la communauté sérère.
Que la terre de Joal-Fadiouth, berceau de son enfance, lui soit légère.
Que son nom reste gravé dans l’éternité des lutteurs qui n’ont jamais plié face à l’adversité.
Adieu, Robert Diouf .
Tu ne meurs pas, tu entres dans la légende.Â
Jokka njal yal jomlee, Yal njomnee !!Â
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