Suivant l’Ecclésiaste, « Malheur à la Cité dont le Prince est un enfant » (10:16).

Les artificiers de France Dégage, devenus cheptel docile devant les renoncements des leurs, font peinent à voir. Leur gêne est gênante. Le sommet de l’État n’est pas la station la plus indiquée pour effectuer un stage en gouvernance, surtout quand on a le défaut structurel d’éructer en permanence au lieu de sacraliser le silence créateur.

La farce de l’affrontement ridicule avec la France devait prendre fin. Elle nourrissait une masse biberonnée au venin de la haine et égayait quelques esprits creux désireux de connaître leur première sensation politique faute d’avoir pu convaincre par leur talent dans le service de l’État. Quand on est ignorant on a l’audace de son savoir. Ce qui est peint comme une curiosité depuis quelques jours relèverait dans un pays normal de la stricte évidence. La France a une relation vieille et profonde avec le Sénégal. Nos deux pays sont liés par l’histoire qui – contrairement à la mémoire – ne saurait céder à la tentation de l’inventaire. L’histoire est peuplée de moments magnifiques comme d’épisodes troubles. Notre responsabilité comme héritiers est…d’hériter et ensuite, par le travail, de construire un avenir meilleur en commun.

Quittons le régistre de l’émotion pour investir celui de la rationalité nécessaire quand on gouverne ou aspire à gouverner.
A l’attention des jeunes que ces irresponsables manipulent, voici la réalité des chiffres (statistiques de 2023). La France est le premier bailleur bilatéral du Sénégal en termes d’Aide publique au développement.

Paris est notre partenaire économique, avec environ 300 entreprises qui génèrent 25% de nos recettes fiscales et 31 000 emplois, dont 86% de travailleurs sénégalais. La France reste le premier investisseur au Sénégal avec 16% des stocks d’IDE. Notre pays est la deuxième destination des investissements français dans l’Uemoa, après la Côte d’Ivoire.
Au plan du brassage des peuples, il y a environ 20 000 Français dans notre pays, dont une grande part de binationaux. La diaspora sénégalaise en France oscille entre 200 000 et 300 000 personnes.

Le défi, avec la France, comme la Chine et la Turquie est de quitter le registre de la taxation à outrance et de l’acharnement sur les entreprises et les capitaines d’industrie pour stimuler la croissance et encourager l’investissement privé. C’est ainsi que nous allons bâtir un tissu économique fort pour rééquilibrer les relations commerciales qui sont largement déficitaires pour nous. Ces défis sont relevés par l’effort linéaire, le travail résolu dans le silence et non par les coups de menton et les rodomontades. Un Etat c’est sérieux. Le Sénégal n’est pas une garderie d’adultes sous la tutelle de stagiaires sans projet et sans boussole.

Faute de compétence et de programme, des irresponsables ont fait semblant d’honnir la France, car ils projetaient dans l’espace public leur complexe vis-à-vis de ce pays, dont il rêvait la reconnaissance. Leur haine relevait comme le dit justement Yoro Dia du refoulement du complexe d’infériorité du colonisé, qui cherche la validation d’un maître symbolique.

Voici ce que je disais du rapport ambigu du Pastef à la France, dans les colonnes de Seneweb, le 25 octobre 2022 :

« Je remarque une chose très intéressante : pour aller chez M. Sonko, le sas est souvent la France avec qui nous avons un rapport irrationnel. Le rejet de ce pays est souvent le point d’ancrage des divers soutiens de M. Sonko et fait perdre la lucidité à beaucoup, notamment chez les vieux militants de gauche. En ce sens, Pastef est le parti le plus colonialiste de notre champ politique. Car on n’y pense jamais en toute indépendance, la France est toujours une béquille pour ces gens qui s’en servent pour attirer des foules et pour masquer une indigence théorique manifeste. Ils sont obnubilés par un pays qui dans la géopolitique stagne et se fait dépasser par d’autres puissances. Or je pense qu’il faut articuler une pensée et une pratique en lien avec le décentrement, la rencontre des ailleurs, la créolité et promouvoir un universel qui rompt avec le face-à-face permanent avec la France. Il faut apaiser la relation en élargissant la focale, en faisant preuve ni d’indifférence ni de soumission. Le monde est si vaste, les potentialités infinies, pourquoi l’Afrique francophone devrait-elle se donner comme injonction de limiter son champ de vision à la France ? ».

Hamidou Anne, APR


Senegal7

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